Service national universel : la possible généralisation du programme suscite l’émoi

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Service national universel : la possible généralisation du programme suscite l’émoi

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La secrétaire d’Etat à la jeunesse, Sarah El Haïry, pousse pour l’extension du SNU, qui concernerait tous les élèves de seconde. Mais aucun arbitrage n’a été rendu.

Se réveiller tôt, enfiler son uniforme, participer à la levée du drapeau français, chanter La Marseillaise avant de se rendre à des activités diverses autour de l’autodéfense, de l’engagement, de la sécurité routière ou du climat. Ce rituel qui ouvre chaque journée du service national universel (SNU) aujourd’hui sera-t-il bientôt une réalité pour les 800 000 élèves de 2de ? Si « la décision revient au président de la République » et que « rien n’est tranché », insiste-t-on au cabinet de Sarah El Haïry, la secrétaire d’Etat à la jeunesse chargée du dossier, cette éventuelle généralisation du SNU suscite inquiétude et émoi depuis la publication d’un document de travail révélé par l’hebdomadaire Politis, lundi 27 février.
Lire aussi (2021) : Article réservé à nos abonnés Au service national universel, ambiance « colo » sous les drapeaux

Lors des questions au gouvernement, mardi 28 février, Sarah El Haïry a été prise à partie par des députés de gauche sur le sujet. « La République ne s’enseigne pas à coups de pompes, de défilés grotesques ou en portant des casquettes ridicules », a asséné le député Génération. s Benjamin Lucas. La secrétaire d’Etat a, elle, défendu un « projet d’émancipation » pour la jeunesse.

Depuis sa création en 2019, le SNU, composé d’un « séjour de cohésion » de deux semaines, puis d’une mission d’intérêt général de quatre-vingt-quatre heures, fait l’objet de critiques. Il est jugé, pour beaucoup, trop coûteux et trop militaire. En 2022, 32 000 jeunes de 15 à 17 ans s’y sont investis, ils étaient 14 650 en 2021. Un nombre de volontaires en hausse après deux années perturbées par la pandémie de Covid-19, mais en deçà de l’objectif des 50 000 que s’était fixé le gouvernement. Ce « constat interroge sur le dimensionnement de cette politique par rapport à l’appétence des jeunes pour cette démarche », notait une mission d’information du Sénat dans un rapport mi-2022.

« Dispositif de domestication »

Malgré tout, sa généralisation est dans l’air depuis ses origines, et singulièrement depuis quelques mois. « Je poserai dans les toutes prochaines semaines les premiers jalons d’un service national universel », a évoqué le président de la République, Emmanuel Macron, lors de ses vœux, le 31 décembre 2022, avant de reporter ses annonces pour ne pas attiser la mobilisation de la jeunesse, à l’heure de la contestation autour de la réforme des retraites.

Deux scénarios sont aujourd’hui sur la table pour étendre le SNU. D’un côté, laisser le service national universel sur la base du volontariat, pendant les vacances scolaires, mais en multipliant les possibilités d’y participer et avec des mesures incitatives comme le passage du permis de conduire ou du brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur. De l’autre, une généralisation recentrée autour du « séjour de cohésion ». Les 800 000 élèves de 2de – le niveau privilégié car il n’y a pas d’examen – partiraient deux semaines sur le temps scolaire, sur des séjours échelonnés d’octobre à juin selon les lycées.

Le Monde
 
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